71 réponses sur “QUAND LES SOURIS ÉLISENT DES CHATS…, par François Leclerc”

    1. Je suis avec attention cette histoire dont l’intérêt principal me semble être qu’elle met en évidence comment l’opérateur Tepco est démuni pour comprendre ce qui se passe à l’intérieur du réacteur n°2 (ainsi que dans les deux autres).

      Il dépend d’instruments de mesure de la température donnant des informations contradictoires et ignore totalement la situation des trois coriums, ne pouvant pas évaluer le danger qu’ils représentent et n’ayant aucun moyen d’observation ni d’intervention.

      1. Merci d’avoir pris le temps de répondre.
        Je me suis peut-être mal exprimé : je sais que vous êtes déjà très occupé avec les articles, les suivis de commentaires, et vos activités supplémentaires à côté du blog. Mais j’avoue préférer vos articles de suivi sur ce sujet, car vous faites un travail d’analyse et de vérification qui dépasse de loin ce que j’ai le temps actuellement de faire. Et que jusqu’à maintenant, vous avez toujours été digne de confiance dans tous vos écrits…

      2. Je dirais comme GEN4 qu’il y a un moyen de savoir si çà chauffe et où: les photos infrarouges.
        Pourquoi Tepco n’en fait il pas, s’il en fait pourquoi ne sont elles pas publiées?
        Le débat autour des sondes qui marchent ou pas serait assez vite réglé, non?

    2. A lire les blogs de Japonais qui suivent de près la situation, récoltent et diffusent des témoignages en direct sur le net, la situation semble se dégrader rapidement de telle sorte que les habillages médiatiques ou ses silences ne sont plus en mesure d’obérer la réalité.
      Ils en sont quand même à évoquer des évacuations sur un rayon de 250 km (Tokyo compris donc) en cas d’explosion d’un réacteur, et la situation de la radioactivité évolue plutôt dans ce sens.
      Si cela devait se produire, on voit mal comment ce ne serait pas le Japon lui-même qu’il ne faudrait pas évacuer. Vous voyez le tableau ? Et les conséquences ?

  1. héhé, je la connais c’te vidéo je l’ai fait tourné sur mon facebouc , elle est vraiment génial 😉

  2. It’s mice not rats (Il faut lire souris pour rat) Je pense que dans l’imagerie courante la souris est perçue comme etant plus gentille. Et puis, les chats hésitent a attaquer un rat. Peut être il faut devenir plus rat.

    1. Le traducteur français avait manifestement trop bu, qui traduit le mot anglais pour souris, en « rat » ou « souris » en jouant apparemment à pile ou face.

  3. Humour décapant,
    pour autant que le meilleur humour concerne ce qui est le moins drôle…
    Excellente fable à dédicer non pas aux souris,
    mais aux bisounours de la « révolution par les urnes »…

    1. Charles A.
      20 janvier 2012 à 23:31
      Merci cooloomat.
      Magnifique video qui décrit avec un humour ravageur
      comment les politiciens professionnels alternent, au rythme des urnes,
      pour nous maintenir dans le cadre d’exploitation.
      A diffuser massivement !

      Constant Charles, constant…

  4. Oui,d’accord il ny a pas d’animal plus gentile ou moins gentile q’un autre, …… au fait…. l’homme, n’est il pas un animal? C’est la meme chose?

  5. Oh purée que ça fait du bien de rire à ce point après une dure journée !!

    Je vous embrasse sur les deux joues (pas peur de la barbe, moi aussi j’en ai) M. Leclerc !

    1. C’est comme la finance.
      On officialise après coup, ça dédouane et ça simplifie les procédures.

  6. Les partis socialistes révolutionnaires de la fin du XIXè siècle ont cru ingénument que la conquête du suffrage universel, dans des Etats où la prolétarisation des masses allait bon train, porterait irrésistiblement la classe ouvrière au pouvoir. Depuis, ils ont déchanté… ou se sont résignés à la « gestion loyale » de l’ordre bourgeois.
    On sait qu’une classe dominante, par sa place dans la production, dans la distribution des privilèges et dans le divertissement pour fournir un cohérence au système, domine plutôt « au consensus » qu’à la « coercition » : elle s’efforce d’obtenir l’adhésion des classes dominées aux valeurs, aux finalités, aux options conformes à ses intérêts de classe, plutôt que de contraindre les dominés, les producteurs par la force, même si le danger du recours à la violence reste visible et est inscrit dans l’inconscient historique. L’ « hégémonie », disait Gramsci, c’est quand une minorité arrive à convaincre une majorité que la défense de ses intérêts particuliers convient à l’intérêt général.
    Même si la violence de la crise du capitalisme peut modifier rapidement et brutalement ce mode de domination. L’état n’est en définitive, qu’une bande d’hommes en armes.(Marx)
    La société capitaliste – même avancée et régulée – étant déchirée par les antagonismes de classes, la production du consensus est rien moins que spontanée. Elle s’effectue délibérément et systématiquement au moyen d’un ensemble complexe d’appareils d’hégémonie publics ou privés, qui vont des grands moyens d’information et de communication de masse (voir le film, les nouveaux chiens de garde de S. Halimi), à l’Eglise, la famille, la caserne, l’école, le sport, l’urbanisme, le productivisme, l’industrialisation, la techno-science, etc. En passant par l’usine qui, en imposant naturellement une hiérarchie de type féodal, comme chacun sait ne produit pas seulement des biens matériels mais de l’idéologie et des rapports sociaux (cf. Robert Linhart, l’Etabli, Ed . de Minuit 1978).
    C’est ce travail quotidien de production et de reproduction du consentement et de la servitude volontaire que les élections viennent périodiquement entériner. Celles-ci ne sont qu’un instrument de mesure, une photographie de l’opinion à un instant donné. Elles ne produisent pas elles-même cette opinion. Laquelle se forme pour l’essentiel hors de la sphère électorale, dans les pratiques sociales telles qu’elles sont structurées par les rapports sociaux dominants et les institutions qui les cristallisent.
    Pour que les élections n’enregistrent pas simplement « la domination des dominateurs », les représentants des dominés doivent intervenir longtemps avant l’échéance électorale, au niveau du process de formation du consensus lui-même.
    Il doit promouvoir une pratique anticapitaliste de lutte qui, précisément , sape l’hégémonie bourgeoise, désagrège l’alliance de classes qui la sous-tend, met en crise les « appareils », les institutions, les pratiques vécues là où elles s’enracinent concrètement.
    La conquête parlementaire présuppose et ne peut que sanctionner une ample activité extra-parlementaire. Si cette activité fait défaut, le suffrage universel débouche le plus souvent sur la défaite, dans le meilleur des cas sur une victoire précaire et sans lendemain.
    Dans une période de crise aigue, la non-organisation du mouvement révolutionnaire, peut déboucher sur des « émeutes » qui épuisent leur force dans un accès incontrôlé de violence.
    La notion de démocratie représentative, totalement détournée de son essence véritable, est tout simplement devenue un moment de catharsis offerte aux peuples pour justement évacuer massivement et sur un temps court l’énorme énergie produite par la frustration qui lui est infligée… sans rien changer sur le fond.
    C’est le problème avec le modèle de tout parti institutionnel, il veut accéder au pouvoir au sein de cette société, et pour cela, il doit éviter la rupture et refléter la domination des esprits de la masse des dominés. Pour gagner les élections, il reflète cette confusion, il incarne cette confusion, et par conséquent il ne la résout pas, il ne cherche pas à la dépasser dans la lutte sociale. Mélenchon n’est pas un « anti-capitaliste, il a seulement appris un peu à le parler ainsi il ose dire « je ne suis pas révolutionnaire, je suis Keynésien » …
    Il faut insister sur un point : la pression qui pousse à l’opportunisme dans le mouvement ne vient jamais de ceux auxquels il serait facile d’y résister, les intellectuels conscients de la situation, ceux qui bénéficient de positions protégées, ceux-la n’ont pas le sentiment d’intérêts communs. Individuellement, ils sont enclins à l’interpellation des élites, à l’incantation et finalement au compromis.
    L’électoralisme ce n’est pas le fait de participer aux élections et de s’efforcer de les gagner, comme l’a longtemps cru un certain gauchisme. C’est l’idée que le Pouvoir se conquiert par les élections et que les élections se gagnent dans les campagnes électorales. car là où il y a « Election », il n’y a jamais le pouvoir. Les élections servent à quelque chose, contrairement à ce que pensent les anarchistes, la preuve, c’est que le pouvoir en organise un grand nombre …
    Cela aussi peut changer très vite en période de crise, ce n’est pas une raison pour les réclamer : Ben Ali demandait, avant sa fuite l’organisation sans délai d’une votation…

    1. Et allez donc, c’est reparti pour un cours de marxisme mal compris et mal digéré !

      Mais lisez le bon sang, avant de le citer !

      En plus qu’il s’est gouré en ne voyant que deux classes, là où au minimum il y en a 3 (voire 4). Et dont les intérêts divergent !

      1. @Léoned

        Et vous ne doutez de rien alors que vous réfléchissez très peu. Et connaissez Marx encore moins bien. On se demande sur quoi vous fondez votre aplomb.

        Vous, ce n’est pas le conseil de relire qu’il vous faudrait appliquer, mais de lire.

        Ceci dit, le billet de la Taupe va trop loin et les élections doivent être gardées. Le Pouvoir les organise en effet mais il sera balayé par ces élections. Un jour, nous prendrons le pouvoir. Et les élections en garantissent la légitimité incontestable, c’est grâce à cette idéologie démocratique que l’armée reste dans ses casernes ! Soyons prudents, on n’échappe au régime de la Force que parce qu’il existe une idéologie de la démocratie largement partagée.

      2. @ Lisztfr

        Et vous ne doutez de rien alors que vous réfléchissez très peu.

        Désolé mais ce serait plutôt l’inverse : je doute de tout et je réfléchis beaucoup (sans doute même de trop !).

        Quant à Marx : OK, ça doit faire dans les 40 ans que je l’ai lu, mais reste très présent dans ma mémoire. Et je ne le méprise pas ! Je le critique, je ne le nie pas.

        Il s’est gouré sur deux ou trois trucs (ce qui n’empêche pas la pertinence de sa pensée), mais n’en faites pas le « Prophète » ! C’est tout.

    2. Les élections servent à quelque chose, contrairement à ce que pensent les anarchistes, la preuve, c’est que le pouvoir en organise un grand nombre.

      J’attends donc la preuve de ce à quoi elles servent puisqu’in fine, je ne vote pas pour votre analyse.
      Il en a fallu des coups de fusil pour arriver au suffrage universel direct et des morts innombrables. Vous leur offrez une seconde mort, ils ont vécu pour rien et sont mort pour rien.
      C’est pas « Mort aux abstentionnistes », c’est « Mort aux votants » et « Vive la majorité silencieuse ».

    3. Bonjour,

      @ la taupe rouge 04

      J’ai trouvé votre texte très intéressant. A mon sens, il démonte très bien des mécanismes en action la plupart du temps.

      Cependant, n’y a -t-il pas une contradiction majeure entre ce que vous dites de Mélenchon :

      Pour gagner les élections, il reflète cette confusion, il incarne cette confusion, et par conséquent il ne la résout pas, il ne cherche pas à la dépasser dans la lutte sociale. Mélenchon n’est pas un « anti-capitaliste, il a seulement appris un peu à le parler ainsi il ose dire « je ne suis pas révolutionnaire, je suis Keynésien » …

      et le fait que meeting après meeting, émissions après émissions, écrits après écrits il fait un gros travail d’explication sur les origines financières de la crise et ses développements, ce qui se trame en europe à l’insu du plus grans nombre (grand marché transatlantique, MES, nouveau traité avec règle d’or constitutionnalisée, …), etc…

      Ce qu’il cherche à faire, ii le dit lui-même, c’est à conscientiser son auditoire pour qu’il s’empare en autonomie des sujets …

      N’est-ce pas tout le contraire de la confusion dont vous le voyez porteur pour que cela colle à votre texte?

      J’irais même plus loin, élection ou pas, Mélenchon traître ou pas, n’est-il pas extrèmement positif d’amener un grand nombre de personnes vers la compréhension (certes imparfaite) de ce qui se passe en europe et en France et à y réfléchir?

      Vous souhaitez, me semble t-il, la révolution, la vraie, la pure ; que de plus en plus de personnes comprennent ce qui se passe ne va-t-il pas pleinement dans votre sens?

      De plus, vous oubliez l’amérique du sud où par les urnes des pays sont en train de sortir d’un grand marasme et de la dictature des marchés (Bolivie, Equateur, Vénézuela, Guatemala peut-être).

      Cordialement.

      1. à Klaki,

        Les origines financières de la crise

        La question qui ne peut pas (sauf pour les marchands d’illusion), être passée sous silence est de connaître les vraies raisons de ce qui est nommé crise et qui devrait être nommé contradictions du capitalisme.
        Je ne pense pas que l’origine soit financière.
        Le développement de la dette a tout au plus servi à prolonger la survie du capitalisme industriel tout en permettant à quelques uns de faire des profits incroyables, profits qui ne trouvent plus à s’investir pour croître sans prendre des risques de plus en plus incontrôlables
        Mais le mouvement s’épuise de lui-même et les palliatifs sont de moins en moins efficients.
        C’est la surproduction des marchandises et l’impossibilité, due à la « troisième révolution industrielle » et à une délocalisation forcenée du travail, de produire sans cesse plus de survaleur qui a développé la dette privée et la dette publique.
        Il ne faut pas opposer « économie réelle » et « finance », ce ne sont que deux manifestations du capitalisme.
        Les deux formes du capitalisme sont en phase d’épuisement.

      2. @Klaki

        Je suis en accord avec vos propos. Encore un marxiste qui se croit intégriste et qui se fera bouffer tout cru quand il aura contribué à en finir avec l’Etat honni. Mélenchon est un élément de la création d’une dynamique. C’est déjà énorme…

      3. Bonjour,

        @ Marlowe.

        Je suis tout à fait d’accord avec vous sur la faillite du système capitaliste.

        Mon propos n’était pas de rentrer dans ces détails, mais d’illustrer la contradiction dans ce qu’énonce « la taupe rouge 04 ».

        Vous parlez de marchands d’illusions ; vous allez vite en besogne, je trouve …

        Vous énoncez des faits que vous voyez et comprenez avec votre connaissance personnelle issue d’un processus d’appropriation forcément progressif (assimilation des concepts nécessaire, etc…). Ayant fait un chemin similaire, je vous comprend parfaitement, nous sommes à peu près à niveau.

        Qu’en est-il de milliers de personnes venant à un meeting?

        Pensez vous que l’on peut sortir une baguette magique et les faire passer d’un coup d’un niveau de perception A à un niveau Z?

        Il faut pour l’auditeur que la modification de son champ de compréhension soit progressive : de A, vers B, puis … ; sinon si la marche est trop haute ou brusque, c’est l’échec assuré.

        Et ça, ce n’est que pour les idées … ; alors pour « la matière »…

        Cordialement.

      4. @Klaki : « l’amérique du sud où par les urnes des pays sont en train de sortir d’un grand marasme et de la dictature des marchés »

        Personne ne dit le contraire. Thomas Douglas était lui-même un élu et à fait passer des bonnes mesures.
        Ce qui est nié c’est la faculté de faire la révolution par les urnes, c’est-à-dire réellement changer le système (en gros: exploitants-exploités) par les urnes.
        Que je sache, rien n’a changé dans ces pays sud-américains. Les riches sont toujours riches et les pauvres sont toujours pauvres (quoique mieux lotis, c’est vrai). Et lorsque des urnes sortiront d’autres élus, il s’y passera ce qu’il s’y passe ici-même: la régression sociale. Pourquoi? Parce que les structures de domination n’ont pas été touchées et que tôt ou tard le système se laisse aller sur sa pente naturelle.

      5. à Klaki,

        Merci pour votre réponse.
        Le fait que Mélenchon ait une véritable audience n’est pas surprenant dans un moment d’effondrement de tout ce qui était admis comme normal.
        Je connais des personnes qui voteront pour lui.
        Certaines sont issues de la gauche de l’ancien temps (PCF et ses alliés), ce qui ne les empêche pas de souscrire des assurances-vie et d’accepter l’illusion que « leur argent travaille » dans le même moment où elles sont capables de parler de « lutte des classes » et d’autres sont des « indignés » qui comprennent que tout ne sera jamais plus comme avant et plus particulièrement que les acquis de 36 et de l’après guerre sont jetés aux oubliettes pour sauver quelques mois de plus un système à bout de souffle.
        les premières ont encore dans la tête la « valeur travail » tout comme leurs homologues de droite et d’extrême droite et les autres ont compris que ciomme le travail devenait de plus en plus rare il fallait qu’il soit partagé, ce qui ne signifie pas que le travail de chacun doit être payé moins cher, mais que le profit doit être partagé.
        Ce partage est impossible pour le capitalisme, ce serait contre sa nature, d’autant plus dans le contexte historique où ses contradictions fondamentales, internes et externes, sont exacerbées.

        Je crois par contre à la dynamique.

      6. Bonjour,

        @ Moi,

        Au Vénezuela depuis que Chavez est au pouvoir, d’après un organisme de l’ONU, la pauvreté est passée de plus de 70% de la population à moins de 30% …

        Si pour vous cela signifie que les riches sont toujours riches et les pauvres toujours pauvres …

        Je pense que comme changement, même si c’est hélas dans un contexte capitaliste, c’est bon à prendre, non?

        La répudiation d’une bonne partie de la dette des banques par les Islandais, sympa aussi, non?

        Si il peut y avoir des évolutions importantes par les urnes, c’est toujours bon à prendre.

        Concernant ces pays d’Amérique du sud, je ne connais absolument pas les expériences qui peuvent être menées ici ou là d’autres systèmes, pour les entreprises par exemple ; pas plus que vous je pense. Il y a peut-être des évolutions intéressantes ici ou là.

        Vous dites que les structures de domination n’ont pas changé dans ces pays. Un élément de domination important est par les médias. L’éducation populaire aux problèmes de notre temps le fait voler en éclat ; c’est un bon début pour la suite éventuelle, nous ne connaissons pas l’avenir…

        Personnellement, je vois plus une évolution progressive vers autre chose.

        D’ailleurs, vous vous proposeriez quoi après une révolution, menée par qui et sur quelle base?

        Cordialement.

      7. @Klaki : « Si pour vous cela signifie que les riches sont toujours riches et les pauvres toujours pauvres … »

        Bien sûr. Nous sommes chez nous en-dessous du taux de 30% et alors? On n’a plus de pauvres?
        D’ailleurs, chez nous cela repart à la hausse. Normal, vu que les rapports d’exploitation sont toujours là. A un moment cela baisse, à un autre cela monte, suivant l’intensité des forces dans le rapport, mais le rapport est toujours là.

        « Si il peut y avoir des évolutions importantes par les urnes, c’est toujours bon à prendre. »

        Oui et non.
        A court terme, c’est bon à prendre. Mais si c’est pour oublier l’objectif à long terme, comme cela ne manquera pas d’advenir, c’est en fait surtout nuisible (toujours dans l’objectif de changer réellement les choses). Eh oui…

        « L’éducation populaire aux problèmes de notre temps le fait voler en éclat  »

        Vous êtes un incurable optimiste (c’est une caractéristique commune chez les progressistes libéraux). L’éducation populaire existe chez nous depuis des lustres et nous n’avons jamais autant été aliénés par la propagande du pouvoir. Il y a des milliers d’années, des bergers grecs en savaient plus que nous sur ce qu’était la liberté, l’exploitation de l’homme par l’homme et comment s’en prémunir dans une société.
        Il y a autant de cons chez les intellectuels que chez les manuels. Ce n’est pas l’éducation qui change le monde, c’est le rapport de forces.

        « D’ailleurs, vous vous proposeriez quoi après une révolution, menée par qui et sur quelle base? »

        Je ne propose rien. Je pense que lorsque le système se sera écroulé, comme cela ne manquera pas d’arriver si on le laisse actuellement suivre son cours « naturel », des propositions démocratiques adviendront. Et par « démocratiques » j’entends qu’elles seront le fait du peuple, spontanément. On l’a vu en Espagne en 36, en Argentine, tout récemment on commence à le voir en Grèce: lorsque le système s’effondre, les gens prennent le pouvoir dans les structures à leur portée (entreprises, hôpitaux, etc) et deviennent autonomes en s’associant librement. Puis les tanks arrivent pour « remettre de l’ordre » (leur ordre).

      8. @Moi : ce que vous décrivez porte un nom : la politique du pire. Est elle vraiment souhaitable? Si « l’Histoire bégaie mais ne se répète pas » il se pourrait fort bien que ce soit en faveur des réactionnaires. Ils n’ont jamais été aussi près de remporter la mise.

      9. @Au sud de nulle part : « la politique du pire. »

        Tout dépend de ce qui est le « pire » pour vous. Si c’est de changer de cadre et de voir naître des structures réellement démocratiques, ok. Sinon, je comprends pas bien votre remarque. Pouvez-vous svp expliquer ce qu’est cette politique du pire?

        « Ils n’ont jamais étaient aussi près de remporter la mise. »

        C’est le cas des réactionnaires (les tanks) mais aussi du peuple. Les situations de crise sont toujours potentiellement porteuses du pire et du meilleur.

        Les libéraux, quant à eux, sont à un doigt de l’effondrement. En ce qui me concerne (je pense parfois qu’ils sont tous comptes faits plus nocifs que les réactionnaires), c’est déjà une très bonne chose.

      10. @kiaki

        La répudiation d’une bonne partie de la dette des banques par les Islandais, sympa aussi, non?

        Pas « sympa » non. C’est juste l’histoire d’une population ultra-privilégiée qui décide très confraternellement de ne pas rembourser la facture réglée au profit d’autres ultra-privilégiés, britishs et bataves ceux-là, par des contribuables britishs et bataves aussi, ou en tous cas par leurs créditeurs.
        Par contre je vous accorde le caractère « sympa », disons plutôt relativement anecdotique, mignon quoi, d’une chose : le montant de la douloureuse non acquittée. 3 milliards c’est mignon, 350 beaucoup moins, 1 600 plus trop, 15 000 plus du tout…
        Pour le reste je suis plutôt ok. Et vous remarquerez que l’Idiot Môayen semble avoir du souci à frotter ses arguments sur le cas on ne peut plus « démocratique » des braves pêcheurs d’Islande…

      11. @ Moi,

        Me voilà repeint en « progressiste libéral » ; ne pensez vous pas un peu trop en termes de catégories ; remarquez, cela est pratique, on place une étiquette, c’est rassurant pour l’esprit ayant ainsi l’illusion de la compréhension exhaustive de l’autre … qu’en fait l’on réduit, me semble-t-il, mettant sans doute en place des sortes de sub-routines mentales bien confortables.

        De plus vous avez par ailleurs un drôle de raisonnement ; à vous entendre, si j’ai bien compris, la baisse forte de la pauvreté au Vénezuela est un bien pour un mal dans le sens ou cela maintient le système et empêche de changer les choses…

        Si on le pousse un peu plus loin, il faut donc souffrir encore plus pour que cela change vraiment. Vous promettez en quelque sorte un futur radieux au prix d’un grand sacrifice croissant « hic et nunc ». J’ai l’impression que cela ressemble beaucoup à la mystique de la souffrance ici-bas pour l’accès au bohneur éternel, même si l’éternel dans ce cas est renvoyé à un futur bien hypothétique dans ce même monde.

        Vous m’avez mal lu ; je n’ai absolument pas parlé d’éducation nationale, je parlais bien de la structure de domination par les médias qui est fortement mise à mal par un discours politique d’éducation populaire qui justement dénonce des instruments de la domination.

        Vous en appelez donc à un écroulement duquel surgirait, par une sorte de génération spontanée, une prise en main du peuple par lui-même qui saurait de manière magique où il en est, quel est le problème, comment agir pour le résoudre collectivement.

        Dans une situation difficile, proche du cahos, si il n’y a pas de mouvement structuré et une certaine sensibilisation des personnes aux problèmes de leur temps, cela a toutes les chances d’aller au plus simpliste, c’est à dire à l’extrèmisme le plus noir… Les propositions démocratiques cohérentes n’émergent pas spontanément du quasi néant. N’êtes vous pas incorrigiblement optimiste pour le coup?

        D’où à mon avis l’importance du travail d’éducation populaire que fait Mélenchon, pour en revenir au point de départ de ma première intervention.

        Puis tout à coup, on sombre dans la fatalité la plus noire : « et puis les chars reviennent » ; donc à quoi bon les sacrifices du début, un bien pour un mal disiez vous en quelque sorte.

        Bien cordialement.

      12. Ben tu nous l’as donnée ta définition de ta politique du pire : «je pense parfois que (les liberaux) sont tous comptes faits plus nocifs que les réactionnaires»

        Sauf qu’il faudrait savoir… tu nous chantais il y a guère les louanges de Marx soutenant dans son célèbre discours sur la querelle libre-échangiste les partisans du laisser-faire, censés hâter l’effondrement (tu parles Carl ! ) et maintenant MôôA y’en a préfèré avoir affaire aux souverainistes protectionnistes, voire pire ?

      13. Le pire par exemple ce serait de dénigrer le Front de Gauche et d’entraver son ascension (en espérant qu’un Hollande ou un autre aggraverait la situation rendant ainsi le climat plus propice à une insurrection). Et cela serait pire non pas pour des raisons idéologiques mais non seulement parce que la venue d’une insurrection est très improbable et son issue encore plus mais aussi parce que très concrètement le FdG a plus participé en une seule année à la démystification du système que ne l’ont fait LO plus le NPA ou la LCR depuis le début de leurs existences respectives.

        Et aussi parce que la petite histoire suivante je n’y crois pas mais alors absolument pas :

        Bienheureusement mr Mélenchon, ce social traître suppôt de la droite conservatrice libérale, ne sera pas élu car il aura été démasqué devant le peuple par le parti auquel appartient le courant des véritables marxistes historiques. Le social démocrate qui sera élu à sa place ne manquera évidemment pas de mener une politique qui aggravera encore la condition des travailleurs dans des proportions telles qu’ils seront inéluctablement conduits à une insurrection populaire éclairée dont les meneurs se jetteront avidement sur l’énorme production intellectuelle du NPA favorisant ainsi la propagation dans la population de la « sortie du cadre » de réflexion imposé jusqu’alors par le dogme néolibéral dans le but de réorganiser pacifiquement l’ensemble des modes de fonctionnement de la société et bien sûr de l’économie qui sera plus que jamais sujette à « constitutionnalisation ». Amen.

      14. @Klaki : « Les propositions démocratiques cohérentes n’émergent pas spontanément du quasi néant. N’êtes vous pas incorrigiblement optimiste pour le coup? »

        Peut-être mais je l’ai vu de mes yeux à une petite échelle (et indirectement à une plus grande échelle, par ouï-dire des vieux et dans les bouquins d’histoire). Laissé à lui-même (souvent dans une situation de chaos), le peuple s’organise de manière démocratique et invente des formes d’organisation quasi spontanément de manière tout à fait étonnante.

        « Puis tout à coup, on sombre dans la fatalité la plus noire : « et puis les chars reviennent » ; donc à quoi bon les sacrifices du début, un bien pour un mal disiez vous en quelque sorte. »

        Peut-être mais cela aussi je l’ai vu. L’organisation démocratique spontanée gêne le pouvoir qui ne laisse pas faire très longtemps. Je n’ai pas souvenir d’une victoire (sauf très temporaire) des démocrates sur les réactionnaires depuis l’antiquité. Cela ne m’empêche pas d’espérer et d’y croire pour la prochaine fois (qui ne va pas tarder).

        @De la Bulle: souffle un peu, tu commences à délirer (« et maintenant MôôA y’en a préfèré avoir affaire aux souverainistes protectionnistes, voire pire ? »). Je n’ai pas changé d’avis, je pense que la seule chance est un effondrement du système qui passe par l’espoir que les plus libéraux pourront continuer à déréguler et ainsi pousser le capitalisme vers son implosion. Ensuite, il faudra s’arranger de manière musclée avec les réacs et les libéraux apeurés qui ne manqueront pas de les soutenir en vue de protéger la propriété privée (pour eux, on sait que c’est l’argent avant la liberté).

        Ceci dit, je délire peut-être aussi. Prends ça pour ce que c’est: du bavardage de comptoir.

    4. à la taupe rouge 04,

      Fort bien, les élections ne sont qu’un ensemble d’illusions et servent au mieux à attribuer des parts de marché aux deux grands partis qui règnent dans les démocraties occidentales, et quelques miettes pour leurs alliés.
      Le changement radical de paradigme, pour ne pas parler de révolution, suppose, même dans une phase d’accroissement des contradictions du capitalisme, une stratégie et des hommes pour la mener : ce que Marx nommait « notre parti » en parlant des révolutionnaires et non d’un parti de type léniniste qui n’existait pas à l’époque.
      Cela n’existe pas.

    5. C’est l’idée que le Pouvoir se conquiert par les élections et que les élections se gagnent dans les campagnes électorales. car là où il y a « Election », il n’y a jamais le pouvoir.

      Dans ce cas là expliquez moi pourquoi ils veulent les retarder en Grèce?

      Clairement vous aviez raison jusqu’à présent. Mais désormais cette industrie à fabriquer du consentement et de la servitude volontaire que sont les élections est entrain de se retourner contre ses propres chantres. A tel point que nous assistons à l’éclosion de la très improbable notion du « voter mal » dont les palestiniens ont déjà fait les frais. C’est ainsi que nos champions de la démocratie sont déjà entrain de nous expliquer que « voter mal » revient non seulement à ne pas voter mais en plus à s’exposer à de graves représailles. Ils anticipent la justification de l’envoi de chars dans les rues.
      Alors la théorie c’est bien mais il faut aussi savoir adapter la pratique aux faits et à l’époque, et les temps que nous vivons sont uniques autant qu’exceptionnels.

  7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Tommy_Douglas

    http://www.protegerlenord.mddep.gouv.qc.ca/memoires/Institut-Hubert-Reeves.pdf

    Le Chant du Bum

    L’aut’ fois j’parlais avec mon bonhomme
    Y m’dit: « À c’t’ heure t’es t’un grand bum,
    Commence à êt’ temps qu’ tu sacres le camp »
    J’i dit: « Pourquoi, ch’u ben icitte,
    J’me sens chez nous
    Pis j’peux pas m’passer du bazou »

    J’aurais dû, ben dû, don dû farmer ma grand’ yeule

    Ça fa que là, quessé que j’fas,
    Planté là su’ l’coin d’la rue,
    Tout nu comme un pou?
    J’ai dit: « J’vas faire mon homme,
    J’vas m’pogner une job, j’vas faire le tour,
    J’vas commencer par la pool room »
    Qui c’est qui r’soud? Ti-Lou Garou.
    Qui m’dit dans face:
    « T’en rappelles-tu qu’tu m’dois cent piasses? »
    « Ben laisse moé l’temps de l’oublier ;
    En attendant j’viens d’pardre ma game
    T’aurais-tu d’quoi pour la payer ? »

    J’aurais dû, ben dû, don dû farmer ma grand’ yeule.

    Ch’us barré tout partout,
    Ch’us cassé comme un clou,
    Toudoudou, je suis un voyou, voyez-vous.

    Un peu froissé dans mon honneur,
    Moé incompris total
    A ben fallu qu’j’me pile su’ l’cœur.
    J’ai pris ma décision finale,
    Pas d’taponnage pas d’têtage ,
    J’m’en vas drett’ au bien-être social .

    Une belle grand’ femme qui sent l’push push,
    Pis qui pousse pousse pousse un crayon jaune
    Me d’mande pourquoi que j’travaille pas.
    « Rien qu’à y penser madame, j’viens tanné;
    Y a quet’ chose en moé qui m’dit
    Que ch’us pas fait’ pour ça. »

    [Point de vue culture ,etc ,etc …c’est de l’argent.]

    Deux, trois…
    J’aurais dû, ben dû, don dû farmer ma grand’ yeule,

    Ch’us barré tout partout, ch’us cassé comme un clou,
    Toudoudou, je suis un voyou, voyez-vous.

    Sans un sou, sans bazou, sans amis, sans abri,
    Pis l’hiver qui sévit,
    Le temps passe tranquillement;
    Me voilà rendu vagabond ; dans cette situation
    C’est l’amour ou ben la prison.

    Le juge m’a dit: « Vous n’avez rien commis,
    Je vous condamne conséquemment
    À cent piasses ou l’hiver en d’dans »
    « Merci beaucoup la seigneurie »
    En voilà un qui m’a compris,
    « Je pense que je vas prendre l’argent. »

    J’aurais dû, ben dû, don dû farmer ma grand’ yeule,

    Ch’us barré tout partout, ch’us cassé comme un clou,
    Toudoudou, je suis un voyou, voyez-vous.

    Richard Desjardins : Le Chant du Bum
    http://www.youtube.com/watch?v=T0NdJT4GC9Y

    ************
    Et pour apprécier les subtilités du joual à Desjardins :

    un bum = un vaurien, un bon à rien
    tu sacres le camp = tu fiches le camp
    ch’u ben icitte = je suis bien ici
    le bazou = la bagnole
    ça fa que là = ce qui fait que là
    quessé que j’fas = qu’est-ce que je vais faire
    j’vas faire mon homme = je vais agir en adulte
    j’vas m’pogner une job = je vais me prendre un boulot
    la pool room = la salle de billard
    qui c’est qui r’soud ? = qui c’est qui surgit ?
    une piasse = une piastre = un dollar
    j’viens d’pardre ma game = je viens de perdre ma partie
    ch’u barré = je suis interdit
    cassé comme un clou = fauché comme les blés
    j’me pile su’ l’cœur = je piétine ma fierté
    pas d’taponnage = pas de pelotage
    pas d’têtage = pas de suçon
    j’m’en vas drette = je vais tout droit
    le bien-être social = les services d’aide sociale
    le push-push = le désodorisant
    j’viens tanné = je tombe d’épuisement
    l’hiver en d’dans = l’hiver en prison

    Le coeur est un oiseau – Richard Desjardins
    http://www.youtube.com/watch?v=kRJYlfguxyM
    Version symphonique 2009

    Richard Desjardins-Nous aurons
    http://www.youtube.com/watch?v=mCA7SE-0HLQ&feature=related

    http://www.actionboreale.qc.ca/laction-boreale

    Pour les coeurs en hiver

  8. Je ne vois pas l’intérêt de monter les uns contre les autres. Enfin ce n’est pas ma politique. Nous sommes tous responsables de la crise, et dire cela est un bien meilleur moyen d’appréhender le problème que de se chercher des boucs émissaires à tout bout de champs, car il faut bien comprendre que pointer du doigt l’autre c’est le meilleur moyen de le crisper. Donc que veut-on ? Donner raison aux Oligarques qui diront « vous voyez, le peuple est immature » ? Si on voulait leur donner raison, on ne pourrait pas mieux s’y prendre. Tant d’occasions manquées.

    1. car il faut bien comprendre que pointer du doigt l’autre c’est le meilleur moyen de le crisper.

      C’est vrai, mais aussi lui faire comprendre qu’il y a un problème peut-être ? Certains n’ont pas l’air de s’en rendre compte, même quand on leur explique…
      Tous responsables de la crise ? mais à des niveaux différents alors. La femme célibataire qui bosse pour un salaire de misère pour élever son gosse (en caricaturant), c’est autant de sa faute que le ptit merdeux de génie qui s’ingénie à supprimer le risque lors de la création de junk bonds et précipite le monde dans le chaos ? Sans se préoccuper aucunement des conséquences sur la sus-dite femme célibataire ?
      Allez, n’exagérez pas quand même… De toute façon, le doigt pointé sur lui, le petit merdeux il ne le voit pas et il s’en fout, crispé sur son clavier occupé à fabriquer des bonus et des bénéfices pour son patron. Qui lui est encore plus responsable que son employé, non ?

      1. Oui mais leur expliquer quoi ? Mon, votre, son, nos, vos, leurs diagnostic(s) de la crise ? Car forcément tout commence là. De qui et de quoi parle-t-on ? Qui a fait quoi ? Comment reconnaître, apprécier, hiérarchiser ensemble les conjonctions de crises que l’on traverse ? En disant RESPONSABLES de la CRISE chacun renvoie souvent à des concepts qui lui parlent.

        La crise de l’homme, de l’avidité, de l’opportunisme, de l’individualisme, du matérialisme, du je-m’en-foutisme … La crise géopolitique, financière, économique, démocratique, politique, sociale, culturelle … La crise du capitalisme, de civilisation, des cultures … La crise de génération, des valeurs … La crise de la recherche, de l’éducation, de l’investissement, la crise énergétique, la crise industrielle, … La crise néo-malthusienne, la crise de l’hyper-concurrence entre les hommes, la crise du vivant, la crise écologique, la crise de la mondialisation, la crise de la complexité … La crise des supprimes, du crédit, des dettes, des monnaies, de l’euro, des déficits, des limites à la croissance du au pic pétrolier … Le dernier round, the great reset, the big shutdown … L’apocalypse, le grand dévoilement des illusions collectives (avec le combat – lâcher prise VS. attachement), …

        Le problème est que chacun a tendance parler de la criiiiise à travers sa grille de lecture, à travers le dogme de sa chapelle, à travers ses croyances, ses a priori, son vécu, tout ce qui constitue son être. Cela complique la tâche pour se mettre d’accord sur ce qui se passe et cela participe malheureusement à rendre la criiiiise plus aiguë.

        J’ai tendance à penser (c’est l’ego qui doit être derrière) que seule UNE prise de CONSCIENCE COLLECTIVE des limites à la croissance est à même de nous unir face au changement de paradigme que cela constitue, un changement qui est déjà à l’œuvre et qui se fera avec ou sans nous et donc de manière plus ou moins chaotique pour nous.

        Je crois que cette prise de conscience est la seule qui puisse nous réunir face à toutes les tentations de replis sur soi, de se crisper, de se diviser. C’est en faisant collectivement le deuil d’un futur devenu inaccessible que l’on pourra se RASSEMBLER autour d’un projet d’avenir qui bien qu’il sera ponctué de sacrifices énormes peut avoir comme objectif premier de préserver la dignité humaine.

  9. @ Eg.O.bsolète 16 février 2012 à 10:32
    Je vous approuve à 100% sur tout ce que vous énoncez dans ce message. En ce qui concerne la responsabilité de la crise, je me souviens que Paul Jorion avait un jour dit à peu près la même chose que ce que vous dites, ce qui avait amené certains à ruer dans les brancards. Mais c’est pourtant ce qu’il faut admettre si l’on veut s’acheminer vers une issue dans la paix.

    Pour le reste il faut amener les gens à sortir des positions préconçues et passionnelles pour entrer dans le domaine rationnel. Il faut analyser contradictoirement pour aboutir à une compréhension collective. Il faut aussi expliquer, justifier et argumenter pour faire comprendre à ceux qui ont des objections à formuler du fait de ce qu’on leur a fait croire sur la base de critères souvent spécieux.

    A titre d’exemple, je n’ai pas encore réussi à faire admettre à certaines personnes que je fréquente, qu’on peut très bien vivre heureux sans être à égalité de condition de vie avec tous les autres humains. Ces personnes ont probablement été formatées pour penser cela et sont donc conditionnées pour toujours inciter à faire s’opposer des personnes contre d’autres. Ça n’est pas de leur faute, mais si elles n’évoluaient pas, il serait alors possible de dire « nous sommes tous responsables » de ne pas avoir été capables d’évoluer raisonnablement.

    1. Intellectuellement Jducac, c’est toujours… bon passons.

      Vous confondez allègrement égalité et identité (ici des conditions sociales), pour ne rien comprendre visiblement au fait que l’exigence d’égalité c’est, avant toute autre chose, la volonté d’abolir les rapports de domination quelle qu’en soit la forme. En clair, vouloir l’égalité ce n’est pas envier la limousine du voisin, ou ses revenus en locatif et assurance-vie; c’est vouloir être garanti dans sa liberté, au moins négativement, par l’absence d’une forme directe ou indirecte d’assujettissement (un processus économique et social par exemple…).

      Si l’égalité vous pose un problème, suivez ce raisonnement élémentaire : refuser l’égalité c’est nécessairement admettre qu’il y a par nature des hommes au-dessus d’autres hommes. On est bien d’accord, non?
      Si par nature des hommes sont au-dessus d’autres hommes, alors ils sont les hommes.
      Quant aux autres, ils sont par nature soit des esclaves soit des sous-hommes. On a besoin des esclaves, on peut tolérer les sous-hommes. Mais dans tous les cas, ce sont par principes des hommes en trop, des surnuméraires (vous qui ne jurez que par le numéraire, au moins ici êtes-vous cohérent).

      Je vous laisse formuler tout seul les perspectives ouvertes par ces considérations de base.

      Le vieux Kant quant à lui disait : « Tu dois, donc tu peux ». Demandez-vous donc ce que vous devez comme être raisonnable, à l’humanité en chacun, et tirez-en une fois pour toutes les conséquences (Pinochet ou Mère Térésa).

      1. @ jicé 16 février 2012 à 13:56

        l’exigence d’égalité c’est, avant toute autre chose, la volonté d’abolir les rapports de domination quelle qu’en soit la forme.

        Merci de ce grand enseignement.

        Intellectuellement Jducac, c’est toujours… bon passons

        Vous sachant auteur de cette appréciation à mon égard, chacun jugera qui, de nous deux, domine l’autre sur le plan de l’intellect ou de la bêtise.

      2. @jducac

        – Je rejoins votre point de vue sur bien des choses et je trouve que vous l’exprimez avec beaucoup de sagesse et de générosité. Merci pour votre approche constructive loin de la démagogie habituelle.

        – Dans « Ce soir ou jamais », un intervenant a mis en évidence cette semaine que pour la gauche l’égalité serait la condition de la liberté et que pour la droite la liberté serait la condition de l’égalité. C’est bien joli mais j’ai l’impression que c’est l’enfumage intellectuel habituel. On s’embourbe dans le mental et on n’avance pas … quand on n’avance pas à reculons. Du concret que diable !!!

        > Que celui qui se bat pour l’égalité (la gauche) commence par reconnaître l’inégalité qu’il promeut en considérant le niveau de vie occidental comme non négociable.
        > Que celui qui se bat pour la liberté (la droite) commence par reconnaître l’enfermement qu’il promeut en surfant sur l’hyper-concurrence entre les hommes.

      3. @ Eg.O.bsolète 17 février 2012 à 15:10

        Que celui qui se bat pour la liberté (la droite) commence par reconnaître l’enfermement qu’il promeut en surfant sur l’hyper-concurrence entre les hommes.

        Nous sommes en phase sur beaucoup de sujets, mais sur ce point, nous percevons les choses différemment. Personnellement, je pense que c’est grâce à la concurrence et à la compétition que notre espèce se développe, y compris dans un espace fini, en cherchant à l’étendre au-delà.. Je m’en explique.

        Pour simplifier, j’analyse la vie comme un phénomène qui ne peut exister sans consommation d’énergie. L’homme a besoin de deux formes d’énergie.
        -L’une matérielle pour se nourrir (les aliments que nous tirons d’organismes vivants morts récemment) et une plus ancienne ou lointaine, pour nourrir nos machines, nos externalités.
        -L’autre, plus immatérielle, pour désirer vivre, et se projeter mentalement dans le futur proche ou plus lointain.

        Si les deux types d’énergies sont nécessaires pour vivre, l’une, matérielle, pour satisfaire nos besoins biologiques, prime sur l’autre que je nomme immatérielle. En effet, la satisfaction des besoins essentiels à la vie, conditionne la satisfaction du désir de vivre et survivre. On peut survivre à l’insatisfaction d’un désir alors qu’on ne peut pas survivre à l’insatisfaction d’un besoin essentiel à l’alimentation de la vie.

        Or, la satisfaction des besoins primaires de la vie, amène à des tâches répétitives, fastidieuses, fatigantes, dont il est naturel pour l’homme, de chercher à se libérer afin de disposer de davantage de temps de vie plus agréable, consacré à la découverte de nouveaux plaisirs, de nouvelles connaissances, de nouveaux centres d’intérêt.

        C’est précisément la compétition et la concurrence qui permettent de progresser dans l’art de se libérer du fastidieux pour donner plus de place à l’agrément.

        Ce qui permet d’y arriver, c’est de soulager la consommation d’énergie humaine mécanique et répétitive en la reportant vers des machines ou des procédés qui, pour être construits et alimentés exigent de consommer de l’énergie matérielle. La compétition et la concurrence permettent de progresser dans l’art de faire les choses en consommant le moins possible d’énergie. En fait, la concurrence par les prix est, en final, une concurrence sur la moindre consommation d’énergie pour obtenir le meilleur service au meilleur coût énergétique.
        C’est pourquoi, j’ai de la peine à comprendre pourquoi vous êtes hostile à la concurrence. Il me semble que c’est grâce à elle, ajoutée aux possibilités offertes par l’épargne et la capitalisation, domaine dans lesquels il y a aussi compétition, que l’humanité conduit son développement et son évolution. Or quand on n’évolue pas on régresse du fait de l’usure du temps.

        Voudriez-vous que nous accélérions notre marche vers notre endormissement, vers notre l’extinction ?

        Les peuples les plus jeunes, ou les plus vieux, mais qui auront retrouvé une nouvelle jeunesse, sont prêts à vous laisser sur le bord du chemin. S’ils en ont besoin pour progresser, ils marcheront même sur les dépouilles de ceux qui auront décidé de ne pas participer à la compétition pour que survive l’humanité.

        Etes-vous bien certain que nos descendants aspirent à ce que nous capitulions par manque de courage à soutenir la concurrence ?

      4. @ Jducac

        « C’est précisément la compétition et la concurrence qui permettent de progresser dans l’art de se libérer du fastidieux pour donner plus de place à l’agrément. »

        Comme toujours, vous voyez les choses sous l’angle qui vous arrange. Croyez-vous que les outils, les techniques qui nous permettent de nous « libérer du fastidieux » ne sont pas aussi le fruit d’un travail collaboratif, d’une réflexion commune ?

        Si la concurrence et la compétition était le primum movens au développement et à l’évolution de l’humanité, comment expliquez-vous l’existence des rapports solidaires entre individus, entre communautés ? Comment expliquez-vous l’altruisme naturel, le pendant à notre égoïsme tout aussi naturel ?

        Une fois de plus, nous ne fonctionnons pas selon un principe qui serait plus moteur que les autres. La compétition et la coopération fonctionnent de concert et contribuent, au moins à parts égales, au développement et à l’évolution de l’humanité. Sans la seconde, il est même fort à parier qu’il y a longtemps que notre espèce aurait disparu.

        Un peu de lecture de Kropotkine vous ouvrirait d’autres champs d’analyse : « une créature aussi démunie que l’être humain à ses débuts n’a pu trouver le moyen de se protéger et de progresser que par le biais de l’entraide, comme les autres animaux, et non pas dans une lutte forcenée pour des avantages personnels, sans se soucier des intérêts de l’espèce »

  10. L’égalité est surtout un but, elle demande que les membres de la société n’acceptent pas les inégalités qu’elles soient sociales ou physiques.

    Le rôle d’une société moderne devrait être de réduire autant que possible les inégalités héritées soit d’une naissance dans un milieu social plus ou moins favorisé (intellectuellement ou financièrement) soit héritées de maladies congénitales ou d’anomalies chromosomiques ou génétiques.

    Nier ces inégalités serait la meilleure manière de les perpétuer. Reuven Feuerstein a écrit un livre formidable au titre provocateur « Ne m’accepte pas tel que je suis »

    Ne tombons pas en effet dans le piège de la complaisance ou de l’indifférence brute.

    En revanche après avoir fait une démarche d’approfondissement, respectons une des demandes des personnes handicapées, après « le droit à la différence » elles demandent aussi « le droit à l’indifférence » c’est à dire regardez moi, pas mon fauteuil roulant.

    C’est par les efforts du tissu parental puis du tissu social au travers de l’éducation et des programmes de santé que les inégalités peuvent et doivent être réduites autant que possible.

    Pourquoi dis-je « autant que possible? » Petit exemple concret : si dans votre patrimoine génétique vous avez hérité d’une taille de 2,10 m cela ne fera pas de vous un bon basketteur, mais vous pourrez y arriver plus facilement qu’une personnes mesurant 1,60m à 18 ans.

    En revanche l’existence de programmes sportifs accessibles à tous permettra à une « très grand » né dans une famille « très pauvre » de réparer l’injustice de la naissance.

    Paul T.

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